Edito
L'esprit de Mai
par Philippe Baup (lundi 9 mai 2011)
Pasteur de l'église de Dammarie-Lès-Lys
Voilà le mois de mai et avec lui le temps des renaissances. La nature réapparaît. Fleurs et arbres nous offrent l’éclat et les couleurs de leur pétales et feuilles. Les oiseaux gazouillent, les espèces s’accouplent… La société des hommes semble aussi touchée par cette embellie cyclique. Les enfants dans leurs écoles partent en classe aérée, l’humeur des adultes est plus reposée. Le mois de mai préfigure les mois d’été et leur chaleur vacancière. Ainsi « MAI » nous invite à croire en la vie. En sa force extraordinaire de restauration et de développement. Ce mois de l’année revêt en fait une vertu pédagogique, nous enseigner l’espoir contenu dans les gestations organiques. Ainsi en mai la nature nous apprend et donc nous éduque. Elle nous invite à délimiter le temps entre un avant froid et inquiétant et un après prometteur et chaleureux. Un cri de vie qui rugit tellement fort que toutes les fêlures et brisures basculent soudainement dans l’ère de la consolidation.
Les dangers sont toujours là, les risques aussi mais la vie explosive de cette période nous conduit à les relativiser, à les remettre en leur place. C’est de ce message de mai dont nous avons besoin aujourd’hui. La mort de Ben Laden ou l’attentat de Marrakech, nous rappelle la menace terroriste. Les faits divers en France, nous laissent pantois quant à la nature humaine et ses profondeurs tourmentées. Les suicides dans les entreprises tel un miroir réfléchissent la difficulté de la vie professionnelle. Voilà quelques raisons parmi bien d’autres indiquant le grand besoin que nous avons de l’esprit de mai. Un esprit qui en dépit des circonstances et conjonctures regarde devant lui percevant malgré tout la vie qui poursuit son implacable élan de redémarrages incessants et nécessaires. Un esprit qui nous incite à transcender nos doutes et anxiétés pour nous projeter dans l’action, l’entreprise, le rêve.
Cet esprit de mai me fait aussi penser à un autre état d’esprit contenu dans un livre de sagesse, la bible. Les évangiles du nouveau testament relatent tous un avant et un après, un temps de vie qui succède à celui d’une mort, une tristesse incommensurable qui fait place à une joie qui exulte. Un homme, un Dieu, exécute ce jeu de bascule. Son nom est connu de tous : Jésus-Christ. La résurrection de celui que les chrétiens considèrent messie tel une génération spontanée impose la vie au cœur même de la mort. Là où tout semblait perdu face à l’apparente victoire de la croix du mont Golgotha, la vie qui rejaillit par le prodige de la résurrection nous invite à retrouver courage et mobiliser nos élans et énergie pour espérer de nouveau. En Jésus, Dieu démontre son pouvoir sur tout et notamment sur la mort et nous invite dès lors que nous nous ouvrons à Lui à faire nôtre cette victoire, à faire nôtre l’esprit de mai.
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